Une rencontre entre danse et sport : le Top 14 s'offre un show signé Marion Motin
Ce n'est pas tous les jours que le rugby et la danse contemporaine se rencontrent sur la même scène. Pourtant, depuis plusieurs saisons, la finale du Top 14 est devenue un véritable laboratoire artistique. Après Benjamin Millepied en 2025, c'est au tour de Marion Motin, chorégraphe emblématique de Christine and the Queens, de signer l'ouverture de la finale 2026 entre Toulouse et Montpellier. Avec une cinquantaine de danseurs, Motin a orchestré un spectacle où le mouvement hip-hop dialogue avec l'énergie brute du rugby.
« Ce show, je veux qu'on se le raconte après le match », confiait-elle avant la rencontre, résumant parfaitement l'ambition de ce moment suspendu. Une ambition qui résonne avec le travail qu'elle mène auprès de Chris, où chaque geste est pensé comme une narration — celle d'un corps qui s'affranchit des codes.
Dior Homme SS27 : quand la chorégraphie rencontre le tailoring
Quelques semaines plus tard, l'univers de Christine and the Queens a de nouveau croisé la mode, lors du défilé Dior Homme Printemps-Été 2027, imaginé par Jonathan Anderson. Installé au Musée Nissim de Camondo, le show a rassemblé une foule de célébrités (Emmanuelle Seigner en mèches bleues, Louis Garrel, Guillaume Gallienne) venues découvrir un vestiaire inspiré par l'esprit rave et l'élégance british façon Mick Jagger.
Ce défilé, déplacé en matinée à cause de la canicule, n'était pas qu'une simple présentation de vêtements. Anderson a fait appel à des performeurs et danseurs, rappelant l'importance du mouvement dans l'univers Dior. Une synergie que Chris avait déjà explorée lors de ses apparitions scéniques — où costume et chorégraphie ne font qu'un.
La patte Chris : un ADN artistique qui infiltre les terrains et les podiums
Si Christine and the Queens n'était pas physiquement présente sur ces deux événements, son influence y était palpable. Marion Motin, qui a chorégraphié les clips et les tournées de l'artiste (notamment l'album « Chris » et la tournée « La vita nuova »), y insuffle une grammaire corporelle reconnaissable : des gestes à la fois bruts et ciselés, une tension entre vulnérabilité et puissance.
Cette double actualité — rugbystique et mode — illustre parfaitement la porosité des disciplines chère à Chris. L'artiste a toujours revendiqué une approche transversale, où la pop, la danse, la mode et le sport peuvent cohabiter sans hiérarchie. Après avoir performé au Stade de France lors de la Coupe du Monde de Rugby 2023 et avoir collaboré avec la maison Dior pour des tenues de scène, Chris semble avoir tracé une route discrète mais solide entre ces univers.
Un nouveau chapitre en préparation ?
Avec la fin de sa tournée « Redcar » et les rumeurs d'un nouveau projet plus introspectif, l'artiste française continue d'explorer les liens entre performance live et narration collective. Les collaborations avec Motin et Dior ne sont que des fragments d'une œuvre plus vaste, où chaque apparition scénique devient un manifeste. En attendant une éventuelle annonce, Chris prouve une fois de plus que son art ne se cantonne ni aux salles de concert, ni aux podiums — il investit aussi les terrains de rugby et les musées parisiens, avec la même quête de vérité et de mouvement.